L'école dans le pré

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Chambres d'hôtes écologiques à Saint-Pierreville en plein coeur de l'Ardèche

Le patrimoine autour de Saint-Pierreville, en Ardèche

Ce week-end avaient lieu les Journées du Patrimoine partout en France, l’occasion pour nous de découvrir notre nouveau territoire sous un angle culturel et historique. En Ardèche, comme dans un peu partout dans notre pays, il y a de nombreuses choses à (re-)découvrir, et beaucoup de gens passionnés à rencontrer et à écouter. La relecture du passé nous permet de mieux comprendre notre présent, et de mieux préparer notre avenir.

Vers les 17ème et 18ème siècles, l’Ardèche a été l’un des territoires français parmi les plus riches, grâce notamment à deux de ses ressources : la laine et la soie. Et autour de Saint-Pierreville, au coeur des Boutières, de très nombreux moulinages ont été construits. Au 20ème siècle, des changements économiques importants ont remis en question la rentabilité de ces deux productions. La production de soie et son filage a donc totalement disparue d’Ardèche. Quant à la laine, elle revit depuis quelques années grâce à Ardelaine. Beaucoup de moulinages ardéchois sont aujourd’hui en ruines ou abandonnés, ou bien transformés en maisons d’habitation ou en hangars. Heureusement, quelques poignées d’irréductibles ardéchois agissent pour conserver vivant cette part du patrimoine. C’est donc deux moulinages différents que nous avons visité aujourd’hui.

Tout d’abord, une rapide définition du moulinage. C’est le bâtiment, le lieu où les fils “bruts” de soie ou de laine étaient transformés, moulinés, en fils plus longs et plus résistants à destination des filatures, de Lyon et de Saint-Etienne notamment. Construits au bord de l’eau, ils utilisaient l’énergie hydraulique pour faire fonctionner les machines.

Nous avons commencé la journée à Saint-Pierreville même, par la visite des ateliers d’Ardelaine. C’est une histoire émouvante et passionnante que nous a raconté Gérard Barras, l’un de ses fondateurs. De l’envie de comprendre pourquoi un territoire se dévitalise et tombe en ruine, avec le souci d’aider une “vieille grand-mère” à soutenir les murs de sa maison, de réflexions en actions bénévoles sur leur temps libre, sans aucune préméditation ni plan à long terme, une poignée de personnes volontaires ont réussi à relancer une activité économique dans un village et une vallée qui se désertifiait. Ils ont aussi cherché à comprendre comment on avait pu en arriver là, comment on faisait du temps où la laine était encore un produit qui avait de la valeur pour ses producteurs. C’est tout ce cheminement jusqu’à la situation actuelle que nous avons découvert sur le site. Ils sont partis d’un moulinage en ruines. Ardelaine emploie aujourd’hui 48 personnes à temps plein, travaille avec 250 producteurs de laine, et produit 60 tonnes de laine par an. Et ils ont encore pleins de projets pour aller plus loin !

Puis dans l’après-midi, nous nous sommes rendus à Marcols-les-eaux pour visiter le moulinage de la Neuve. Lors de la visite, Karine a pu rapprocher son travail de broderie avec l’histoire de cette matière qu’elle apprécie particulièrement : la soie. Ici aussi, une poignée de passionnés conserve et anime ce lieu de mémoire. Malheureusement, il n’y a plus aucune activité dans ces murs. Heureusement, les machines ont été conservées et restaurées. Nous avons vu comment les fils de soie produits dans le sud de l’Ardèche étaient moulinés. L’activité économique au moulinage de la Neuve a été maintenue jusque dans les années 1970 grâce à l’évolution des techniques : après la soie, la viscose (soie “artificielle” d’origine végétale) puis le nylon ont été moulinés.

Nous avons aussi visité la source “Salomon”. Le village de Marcols-les-eaux doit son appellation grâce au grand nombre de sources d’eau minérales gazeuses qui coulent dans les flancs de son volcan. Ces eaux, fortement minéralisées, ont étaient commercialisées pendant près d’un siècle, jusque dans les années 1970. Mais la faible rentabilité des moulinages comme des sources ont eu raison de ces activités économiques. A propos de cette “rentabilité”, Gérard Barras pourrait dire bien des choses très intéressantes, grâce à son expérience réussie avec Ardelaine.

Ce que nous avons appris au cours de ces visites fait écho à nos valeurs et à nos idées. Nous nous sentons encore mieux dans notre nouveau territoire, prêts nous aussi à apporter nos petits cailloux à l’histoire de la région.

2 Responses to Le patrimoine autour de Saint-Pierreville, en Ardèche

  1. très belle visite pour un si bel endroit ….

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    • merci ! on est loin d’avoir tout visité, et nous ferons part de nos découvertes ultérieures, en espérant que ça vous plaise autant !

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